​Archimède, le phénomène de Baader-Meinhof et les alouettes

 

Archimède de Syracuse, qui a vécu entre 287 av. J.-C. et 212 av. J.-C., était l’un des principaux scientifiques de l’Antiquité classique. Physicien, mathématicien et ingénieur, parmi ses domaines d’étude figuraient l’hydrostatique, la mécanique statique et l’explication du principe du levier.

Le levier est d’ailleurs à l’origine de l’une de ses citations les plus célèbres: «Donnez-moi un point d’appui et un levier, je soulèverai le monde!».

De nos jours – avec un peu de provocation et quelque coups de marteau – on pourrait reformuler le principe du levier comme suit: « Donnez-moi un mécanisme cognitif, un média de masse et je vous change la perception de la réalité d’une société ».

Et ça fonctionne.

Le phénomène de Baader-Meinhof est un des nombreux artifices utilisés par le cerveau pour, en gros, gérer les informations qu’il reçoit chaque jour. Il survient lorsqu’une personne, après avoir fait connaissance pour la première fois d’un fait, d’un mot, d’un phénomène ou tout autre chose (souvent étrange ou d’ordre à aiguiser la curiosité), rencontre à nouveau et à plusieurs reprises cette même chose, peu de temps après sa découverte.

On assiste à ce phénomène quand on entend des affirmations telles que « avant de choisir ma nouvelle voiture je n’avais jamais remarqué combien il y en avait déjà en circulation« .

Ce phénomène peut dépasser le simple niveau du visuel. On fait un constat, on s’intéresse à un aspect des choses, et tout à coup cet aspect resurgit partout comme par hasard. N’importe quel bouquin, n’importe quelle discussion semble alors nous parler justement de cela et on se dit alors «c’est bien vrai, tout cela se retrouve dans la réalité».

En psychologie, on parlerait de « corrélations illusoires », « effets de halo », et « biais de confirmation ». Dans la littérature, Stendhal parlait de cristallisation, dans « De l’Amour »: « ce que j’appelle cristallisation, c’est l’opération de l’esprit qui, de tout ce qui se présente, tire la découverte que l’objet aimé a de nouvelles perfections ». Tout, chez l’être aimé, devient charmant, même ses défauts.

Notre cerveau, sur la base de ce mécanisme peut donc déformer la réalité. Il le fait pour simplifier sa tâche, pour être plus rapide, et en passant il écarte toute critique, triage, prudence ou scepticisme.

Est-il possible que le fait, à l’origine du phénomène de Baader-Meinhof dans notre vie privée, nous soit imposé?

Bien sûr! Il suffit de quelques heures de TV!

Qui ne se souvient pas des émissions de Delarue sur le enfants obèses en 1998, ou sur troubles obsessionnels compulsifs en 2007? D’un jour à l’autre, des enfants obèses partout! Des dérèglements du comportement pour tout le monde. Et depuis, ça ne s’arrête plus: enfants hyperactifs ou à haut potentiel, des troubles « bordeline », des T.O.C., burn-out, etc. etc.

Il y en a partout… comme par hasard.

Et si on s’en servait comme miroir aux alouettes? Ou pour détourner l’attention des gens d’autres phénomènes? Et si ça profitait à quelqu’un?

 

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