Les spartiates, la twittérature et à l’enseignement du français

 

Nel mezzo del cammin di nostra vita… ricevetti improvvisamente un tweet

La « Divina Commedia » de Dante est un poème composé de vers de onze syllabes (hendécasyllabes), enchaînés en tercets, lesquels tiennent exactement en un tweet de 140 signes… hashtags compris! C’est Marc Mentré, journaliste spécialiste des nouveaux médias, qui l’a remarqué. Du coup, depuis le 27 mai 2012, il traduit et tweete trois vers de la comédie par jour. A ce rythme, il terminera son « oeuvre » en 2022!

L’un des mérites de ce projet est celui de permettre d’observer l’interaction entre le système médiatique – et d’édition – contemporain et une œuvre du Moyen-âge. Autrement dit, l’interaction entre un espace fragmenté et émietté d’un tweet et la cohérence, ou le sens, d’une œuvre.

Pour certains, c’est clair,: si Dante ne survit pas à Twitter, on est fichus!

Pour d’autres ce n’est pas le cas. La communication « laconique » de notre époque n’implique pas un perte de sens, de cohérence ou de vertus pédagogiques.
Tout d’abord, parce que ce type de de communication n’est pas nouveau.

Les spartiates de Laconie prêchaient et pratiquaient déjà ce type de communication au VIIe av. J.-C.! De là, l’adjectif laconique.
« Les hommes de peu de mots ont besoin de peu de lois », expliquait le roi Charilaos.

Au cours des siècles et à travers les civilisation, ce type de communication à donné vie aux maximes, aux proverbes, aux apophtegmes et au haïku. On les classe sous l’étiquette de micro-littérature et des concept comme twittérature, nanoprose, flash-fiction, very shorts stories, etc. Et Ils tous ont la forme d’un tweet.

Un exemple: « A vendre: chaussures de bébé, jamais portées. » Tout un drame en quelques mots.

Les jeunes générations vivent de communication laconique: « Avec Facebook, Twitter, les textos, les courriels, les jeunes n’ont jamais autant écrit qu’aujourd’hui. Et on cherche encore un moyen de les intéresser à l’écriture?! », s’exclame Jean-Yves Fréchette, fondateur de « l’Institut de twittérature comparée » de Québec. En accéptant cette perspective des choses, voilà que le chemin est indiqué pour des projets et des programmes innovants à l’école et… favorisant les apprentissages. Proposeriez-vous un concours de twittérature ou des jeux textuels à des élèves?

Vive les spartiates, et les spartans!

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