Les puces GPS et les rhinocéros

 

La possibilité de rétrécir un capteur GPS jusqu’à à la taille d’un grain de riz, a permis à la technologie de la géolocalisation d’intégrer le quotidien du grand public. Depuis presque 10 ans, on trouve des « chip » GPS dans les téléphones portables, les tablettes, les appareils photo et même dans des accessoires sportifs. Les applications liées à ce nouvel élément sont souvent définies « très pratiques », mais l’impact sur notre expérience et notre environnement mérite un moment d’attention.

Il arrive souvent, quand on installe une nouvelle application sur le portable, que celle-ci demande l’accès à nos données GPS. Alors on fronce les sourcils, et sans vraiment y réfléchir on accepte ou on refuse. Puis on oublie le réglage, et évidemment on ne change en rien notre comportement quotidien et nos habitudes.

Ok comme ça? Oui? Non?

En guise de réponse, on publie une photo qui circule sur twitter depuis quelque semaine. C’est un avertissement qui se trouve à l’entrée d’un Parc national africain.

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Traduction: S’il vous plait, faites attention lorsque vous publiez vos photos sur les réseaux sociaux. Elles peuvent conduire les braconniers à nos rhinocéros. Désactivez les services de localisation (Geotag) et ne révélez pas où vous avez pris les photographies.

Cet avertissement mène directement au phénomène du « cyberpoaching« , le braconnage informatisé. Ce type de braconnage n’hésite pas, entre autre, à pirater de bases de données d’organisations pour la protection des animaux, ou à envoyer de faux touristes faire des safaris pour géolocaliser, par le biais des photos, les éléphants, les rhinocéros ou encore le tigres, qui seront ensuite tués ou capturés pendant la nuit par les complices.

Dans cet article du National Geographic on a un aperçu de l’énorme menace que représente le « cyberpoaching » pour les espèces en danger. On y trouve aussi des explications sur l’utilisation de internet de la part des braconniers, pour créer de nouveaux marchés, de nouveaux acheteurs et de nouveaux besoins.

La puce GPS a eu un rôle fondamental pour passer, en une dizaine d’années, du braconnage « classique » au braconnage « informatisé ». Du coup, la bataille entre les organisation de protection de l’environnement et les braconniers est devenue technologique. Elle n’implique plus seulement des fusils et des jeeps, mais désormais des drones, des hackers, des capteurs de mouvement, des colliers GPS etc.

La bonne nouvelle, car il y en a une, petite, c’est que les coûts de ces appareils et infrastructures semblent donner un avantage aux organisations légales sur les braconniers. Le Népal d’ailleurs vient de fêter un an sans perdre aucun tigre, rhinocéros et éléphant à cause du braconnage.

Pour revenir aux réglages de notre portable, en guise de conclusion, on retiendra de tout ça que si on publie de photos depuis un réserve naturelle il est mieux de désactiver le service de localisation. Premièrement, pour protéger la flore et la faune. Deuxièmement, parce qu’elles vont aussi révéler qu’il n’y a personne à la maison chez vous!

 

 

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