Les six poignées de main et la recherche d’un job

 

Si vous cherchez un nouveau travail, ne demandez pas de l’aide à une bonne connaissance!

La théorie de six poignées de main (appelée aussi théorie des six degrés de séparation) a été établie par le Hongrois Frigyes Karinthy en 1929, et évoque la possibilité que toute personne sur terre peut être reliée à n’importe quelle autre au travers d’une chaîne de relations individuelles comprenant au plus cinq autres personnes. Elle a été confirmée par le psycho-sociologue Stanley Milgram, dans l’expérience du « petit monde », en 1967. En 2008, des chercheurs ont mesuré le degré de séparation à 4,74 sur le réseau social Facebook et à 6,6 sur Windows Live Messenger.

Amusant! Mais mis à part le côté anecdotique de ce fait, est-ce qu’il nous apprend quelque chose?

Oui, mais indirectement.

Avec la rapide diffusion d’internet, les universités newyorkaises de Columbia et Cornell ont voulu re-tester la théorie en 1998. Elles ont contacté 61’000 personnes dans le monde et leur ont donné 24’000 cibles à atteindre, comme par exemple un inspecteur des archives en Estonie. Les participants devaient atteindre cette cible en transférant un mail à une connaissance, qu’il la transmettrait à son tour, etc.

Seulement 384 cibles ont été atteintes. Déception pour les mathématiciens… mais sauts de joie pour les psychologues et les sociologues, en effet ce résultat leur laisse entrevoir un champ de recherche.

Le sociologue Mark Granovetter de l’Université Stanford (Californie) déduit de ce résultat que visiblement « beaucoup de gens ne se rendent pas compte du poids qu’ont leurs connaissances; ils sous-estiment leur propre importance dans la société. » Est-ce que le gens connaissent leur réseau? Comment utilisent-ils cette connaissance? Quelle est leur perception des structures sociales?

En guise d’exemple, prenons la situation de la recherche d’emploi.

Granovetter avait distingué les relations entre les personnes en trois types: faibles, fortes, absence de lien. De là, ces deux déductions:
– Si une personne A diffuse principalement une information à ses liens forts, alors ceux-ci répercuteront souvent cette information à des personnes déjà informée par la première source A du message, puisqu’elles l’ont en commun.
– si cette personne A diffuse cette même information à des liens faibles, alors la répercussion que pourront faire ces personnes se fera quasi exclusivement vers des personnes vers lesquelles A n’aurait pas pu diffuser son information.

Conclusion: Comme le futur employeur est souvent une personne qui évolue dans des cercles différents, et a accès à des sources d’information différentes, il y a plus de chances de l’atteindre par l’intermédiaire d’une relation éloignée, faible.

Une question philosophique pour conclure: est-ce que le networking vaudrait plus que la motivation?

 

 

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